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 Un matheux comme secrétaire général de la CDG

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MessageSujet: Un matheux comme secrétaire général de la CDG   Jeu 20 Sep - 17:54

Il laisse tomber une carrière dans la recherche aux Etats-Unis pour ne pas perdre le contact avec le pays.
En 1993, bref passage chez Procter&Gamble avant de rejoindre le cabinet du ministre des finances, Mohamed Sagou.
En 1996, il rejoint la CDG où il gravit très vite les échelons. A 39 ans, il en devient secrétaire général.


Peut-on être à la fois serein et passionné ? Oui, la contradiction entre ces deux traits de caractère n’est qu’apparente, dit Hassan Boubrik. «La sérénité est nécessaire pour réfléchir, évaluer les situations et établir des stratégies. La passion et la fougue, elles, sont le nerf de la guerre pour réaliser sur le terrain ce que l’on a élaboré sur le papier», explique-t-il. Le côté philosophe du nouveau secrétaire général de la CDG (Caisse de dépôt et de gestion), un des tout premiers organismes financiers du pays, est quelque peu surprenant pour un homme d’action et, qui plus est, quelqu’un qui a commencé, tout jeune, par s’enticher de mathématiques. S’il est des carrières qui laissent rêveur, celle de Hassan Boubrik en fait partie à coup sûr. Mais, pour cet enfant du Souss, né à Agadir en 1968, il n’y a pas de mystère : les vecteurs de toute réussite sont le travail, l’application et l’implication. La chance, elle, n’en est que la partie congrue.

Il est parmi les meilleurs bacheliers scientifiques de sa promotion
A-t-il été servi par le fait d’être né dans une famille de lettrés, un père avocat et un grand père magistrat dont il parle avec émotion tant il l’a marqué ? En tout cas, cela n’a pas dû être étranger à la manière dont il va conduire ses études et aux choix qu’il fera dans sa vie professionnelle. Une chose est sûre, dit Hassan Boubrik, «mon père n’est jamais intervenu dans mes études et m’a toujours laissé faire en toute liberté».

Pourquoi a-t-il été séduit par les mathématiques ? Hassan Boubrik n’en sait rien, mais il n’y a aucun doute, dit-il encore, que la beauté de leur logique y soit pour quelque chose. Quoi qu’il en soit, il est parmi les meilleurs bacheliers scientifiques de sa promotion et va faire les prépas à Marrakech. Et pour la suite ce sera la France. Et c’est à Paris qu’il va justement s’inscrire à l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique. Auparavant, il sera passé par les mêmes étapes que tous les jeunes, avalé avec boulimie les B.D. de l’époque, joué au foot et vécu une période de remise en question métaphysique, comme tous les ados. Si bien que, quand il arrive dans l’Hexagone, il est tout à fait prêt à «absorber» toutes les nouveautés qui s’offrent au jeune étudiant qu’il est, que ce soit au niveau des études ou au niveau personnel et humain. Belle période, se souvient-il, car, après la dure période des prépas, le cursus des études n’est pas si terrible qu’on l’imagine.

Quand il obtient son diplôme, il est tenté par l’enseignement et la recherche académique et envisage d’aller aux Etats-Unis pour la préparation d’un Ph D. Mais, se rendant compte que cette voie va signifier pour lui de longues années loin du pays, avec de fortes chances de perdre le contact avec le terroir et, qui sait, ne pas y revenir du tout, il se ravise. Il décide donc de rentrer précipitamment à Agadir pour y prendre un mois sabbatique avant de se mettre à la recherche d’un poste. C’était en 1993. Son premier poste sera dans le département marketing d’une multinationale : Procter&Gamble. Il n’y reste que quelques mois. Est-ce parce qu’il ne s’est pas retrouvé dans les valeurs d’une aussi grosse structure ou est-ce uniquement pour saisir l’opportunité dont il a eu vent par un ami ? En tout cas, on le retrouve dans le cabinet de l’éphémère ministre des finances de l’époque, Mohamed Sagou. Il est alors associé à l’éclosion de ce qui sera, plus tard, la direction des études et des prévisions financières. Il passera aux Finances trois années dont la première dans le cabinet du ministre et les deux autres au Trésor. Une période où il travaillera sur des dossiers aussi nouveaux et chauds que la réforme de la Bourse.

Il est le plus proche collaborateur du DG
En 1996, la CDG, touchée par un vent de modernisation, lui proposera le poste d’analyste financier. Un an plus tard, il s’occupera de la société de gestion de portefeuille CD2G dont il deviendra le DG dès le départ. C’est cette mission qu’il réussit qui lui vaudra d’être nommé, en 1999, directeur de la gestion des taux et il travaillera alors de plain-pied sur le marché des capitaux. Les mathématiques dans tout cela ? La question fait sourire Hassan Boubrik et lui inspire cette formule : «Les mathématiques sont une suite d’évidences, tout le problème se situe au niveau des enchaînements, car la moindre erreur ou imprécision peut coûter très cher!». En tout cas, les mathématiques auront eu leur effet bénéfique. En 2001, il devient administrateur directeur général de CDG capital, dans la foulée de la filialisation, par la caisse, de son activité bancaire.

Quand on interroge Hassan Boubrik sur les fonctions qui viennent de lui échoir après sa toute récente nomination en tant que secrétaire général de la CDG, il précise qu’il s’agit, «de manière globale d’assister le DG dans les missions de définition des stratégies et de surveillance de la gestion. A côté de cela, le secrétaire général peut assurer l’intérim, si besoin est, bien entendu».

Vaste mission, sachant que la CDG a initié une mue dont tout indique qu’elle est réussie. Cela se voit au rajeunissement en matière de ressources humaines et de postes de direction, comme d’ailleurs au niveau du relèvement du niveau de compétence qui a commencé il y a quelques années. Comme l’explique Hassan Boubrik, tout cela se traduit par ce qu’il appelle «l’acquisition d’un niveau de flair aiguisé en matière d’opportunités, un approfondissement du travail sur les métiers et sur la spécialisation, avec un élargissement des domaines d’activités et d’intervention». Très logique !
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