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 Hajji va «marketer» la Bourse

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mohandis



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Localisation : rabat
Date d'inscription : 08/09/2008

MessageSujet: Hajji va «marketer» la Bourse   Lun 27 Avr - 3:56

· Le nouveau DG veut décloisonner

· Développer les instruments financiers

· Le détail de son agenda


Dans un optimisme et une décontraction affichés, Karim Hajji, nouveau DG de la Bourse des valeurs de Casablanca, confie sa vision pour dynamiser la Bourse, sa feuille de route pour les trois ans à venir et ses ambitions régionales pour la place de Casablanca

- L’Economiste: Quel effet vous fait d’arriver à la Bourse et comment s’est déroulée votre prise de fonctions?

- Karim Hajji: Mes trois premières semaines à la tête de la direction générale de la Bourse auront été pleines en rendez-vous, que ce soit en interne ou en externe. Il y a eu d’abord une rencontre avec l’ensemble des collaborateurs de la BVC, à travers un premier séminaire sous le thème «De la Bourse des valeurs aux valeurs de la Bourse». Ce qui a permis de dégager un certain nombre de valeurs, à savoir la transparence, l’équité, le respect...
A partir de là, j’ai pu constater un réel engagement de l’ensemble des collaborateurs. A ce titre, l’une des tâches que je me suis assignées est de décloisonner les barrières qui ont été érigées ces dernières années entre les différents départements. Par conséquent, je suis heureux de trouver des collaborateurs de grande qualité professionnelle ayant de grandes compétences. La Bourse dispose, donc, d’un véritable capital humain qui lui permettra de rebondir et de répondre aux défis de l’avenir.
Par ailleurs, depuis ma prise de fonctions, j’ai également rencontré les autorités de marché, à savoir le CDVM, Bank Al-Maghrib et le Trésor, question de recueillir leurs impressions et attentes envers la BVC. Nous avons également échangé ensemble en vue de développer ce marché. Je me suis, ensuite, entretenu avec les professionnels du marché, en l’occurrence les sociétés de Bourse.

- Justement, quelle est votre feuille de route?

- Comme je vous l’ai dis, la première des tâches que je me suis assignées est de faire tomber les cloisons artificielles, qui ont été érigées du temps de l’ancien mode de gouvernance.
A titre d’exemple, je citerai le manque de communication entre les différentes directions de la Bourse. Et aujourd’hui nous nous attachons à faire en sorte que l’information circule entre tous les cadres et chefs de service. De plus, nous avons rétabli les réunions hebdomadaires auxquelles participe l’ensemble des cadres dirigeants, permettant un échange fructueux de points de vue et donc une clarification individuelle de la stratégie vers laquelle nous nous orientons. De là, la priorité dans notre feuille de route est la sécurisation de notre outil de travail qui est le système d’informations après les incidents survenus en septembre 2008. Je dis bien «incidents» et pas scandale. Cela implique la sécurisation des accès, des infrastructures, du paramétrage du progiciel.
Et nous avons également formalisé le suivi de tous les incidents qui surviennent dans le système, avec les plans d’actions mis en œuvre ainsi que les délais de résolution des problèmes. Il s’agit généralement de coupure de la ligne relais avec une société de Bourse, d’un code saisi non reconnu par le système ou encore une erreur de saisie. Pour éviter cela, nous exigeons désormais un contrôle par deux personnes. S’y ajoute l’installation prochaine d’un progiciel qui va permettre statistiquement de lister les incidents qui surviennent à la Bourse, les actions pour y répondre et les délais pour résoudre le problème. Pour faire en sorte d’avoir une base de données statistique vis-à-vis de nos clients, les sociétés de Bourse.

- Allez-vous poursuivre les efforts de vulgarisation de la culture boursière?

- Nous n’avons jamais cessé de former les gens au métier de la Bourse. Nous avons une école qui est active puisque, depuis le début de l’année, sont formées 1.200 personnes toutes catégories confondues. C’est donc une action que nous pensons poursuivre. A ce titre, nous avons décidé la gratuité totale de cette formation.
Le but est de vulgariser le rôle de la Bourse et accroître son accès aux émetteurs et actionnaires. S’y ajoutent des actions ciblées de marketing pour redynamiser les introductions en Bourse, en collaboration avec les sociétés de Bourse, à travers des visites des émetteurs potentiels, et la réinstauration de la Caravane de la Bourse, qui sillonnait à l’époque les villes pour sensibiliser sur les avantages de la Bourse.
De là se dégage un constat: les PME sont sous-représentées à la Bourse de Casablanca sachant qu’elles représentent 98% du tissu des entreprises au Maroc. Et là, nous avons un travail de marketing important à réaliser pour convaincre les dirigeants des PME d’évoluer vers la transparence en vue d’une introduction en Bourse qui pourrait s’avérer avantageuse, en termes de renforcement de fonds propres, d’obtention d’un investissement liquide et l’institutionnalisation de l’entreprise pour plus de notoriété.

- A ce propos, les PME cotées sont généralement reléguées au second plan compte tenu de la faible liquidité de leur cours. Comment peuvent-elles devenir plus attractives?

- Ces entreprises communiquent peu, généralement, à l’exception des présentations des résultats semestriels et annuels. Donc, il y a un travail d’accompagnement à faire à ce niveau. Ainsi, on se propose à la Bourse de Casablanca de fournir notre soutien pour les aider à communiquer de manière régulière vis-à-vis du marché et à mettre à leur disposition nos services, à savoir les mettre en relation avec les investisseurs, rédiger pour eux les communiqués de presse... Il y a donc tout un travail d’éducation à faire, il faut qu’on aille les voir et que nous leur proposions ces services, car elles n’ont peut-être pas les structures nécessaires pour communiquer régulièrement avec leurs actionnaires

- Vous êtes donc optimiste pour une reprise prochaine?

- Je suis optimiste de nature. Et je le demeure, même quand le contexte n’est pas favorable. En effet, c’est le moment de restructurer nos activités et à être en ordre de bataille pour une reprise de l’activité boursière. Cette période nous permet donc de réfléchir sur les moyens d’améliorer notre action et d’être plus efficace en termes de stimulation des introductions en Bourse, d’amélioration des systèmes,... Ce qui est difficile, lorsqu’on est dans le feu de l’action. Mais, je pense, tout de même, que la Bourse de Casablanca a de belles années devant elle, et je ne suis pas du tout inquiet. Il est normal qu’une place s’essouffle sachant qu’elle a connue depuis 10 ans un rendement moyen annuel de 15%, ce qui est considérable. Il est donc normal dans ces conditions qu’il y ait une période de correction, il faut que le marché respire, les arbres ne montent pas au ciel.

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«Notre stratégie»



«Ce n’est pas ma stratégie mais notre stratégie», corrige Karim Hajji. «Il faut rehausser la qualité des prestations opérationnelles et techniques du marché local aux standards internationaux», explique-t-il. A ce propos, la Bourse se dirige vers une certification aux normes IFRS dès juin. «Nous devons également stimuler et diversifier la palette de produits et instruments de la place», ajoute Hajji.
Il s’agit du plan d’épargne action, actuellement en discussion au Parlement, qui favorise fiscalement le placement à long terme. S’y ajoute la réduction du nominal des actions qui serait de nature à rendre plus accessible les titres. Sans oublier la poursuite de la vulgarisation de la culture boursière notamment en langue arabe, sachant qu’une bonne partie de la population est arabophone. «De plus, il convient de signaler que l’investissement en Bourse est conforme aux règles de l’Islam», note le nouveau DG.
«On peut aussi envisager le développement de la Bourse en ligne, qui commence déjà à fournir ces fruits», dit-il. Il y a également l’introduction d’instruments indiciels. Ceux-ci permettent aux épargnants d’avoir une réplique de la performance de l’indice. Enfin, à l’étude, l’instauration de produits dérivés sur les taux et sur les actions qui sont de nature à rendre plus liquide une place donnée, à condition de bien les encadrer.



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Jeune bourse cherche partenaire expérimenté



Sur le plan de l’ouverture du capital de la Bourse à d’autres actionnaires autres que les sociétés de Bourse n’est pas du ressort du nouveau DG qui, à ses dires, «n’est que le mandataire des actionnaires». En revanche, il n’est pas contre si le cas se présentait, l’entrée d’un institutionnel assureur, par exemple, ou banquier, voire même une Bourse des valeurs majeure au niveau international. «Cela apporterait une vision plus large du marché, une expertise d’institutionnel et une expérience en plus», précise-t-il. Et d’illustrer, «si nous avions New York Stock Exchange dans le capital de la Bourse, cela nous apporterait le savoir et l’expertise nécessaire pour nous aider à envisager plus rapidement une intervention régionale». Par ailleurs, de nouveaux actionnaires peuvent nous permettre de diversifier nos modes de revenus. Actuellement, nous dépendons à 98% des commissions en Bourse contre pas plus de 40% pour les autres places internationales. Le reste est fourni par la diffusion d’informations financières et les services aux émetteurs: les introductions en Bourse, les services de relation institutionnelle.



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Parcours

Nommé pour une période de 3 ans renouvelables, Karim Hajji, 50 ans, est un professionnel rompu aux subtilités de la finance. Lauréat de Sciences Po Paris, Hajji est également titulaire d’un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en marché des capitaux à Dauphine. Un passage à la New York University lui permet de décrocher un Master of Business Administration (MBA) en finance. Karim Hajji est un homme de terrain, avec une expérience dans un certain nombre de multinationales aux Etats-Unis, en Suisse, en Italie et au Maroc. Entre 1990 et 1994, il a occupé le poste de conseiller direct de Fouad El Filali, qui fut en ce temps président de l’ONA. Pendant cette période, Hajji a également été directeur général de la Monégasque, filiale du holding spécialisée dans la semi-conserve d’anchois. Mais l’appel de la finance étant plus fort que celui de l’agroalimentaire, puisque Hajji est nommé directeur financier de l’ONA, qu’il a également représenté au conseil d’administration d’Eco-Médias, éditeur de L’Economiste. À partir de 1998 Karim Hajji s’établit à son compte en créant, en association avec quelques partenaires de qualité, la banque d’affaires Atlas Capital. Il en a occupé la présidence, jusqu’à sa récente nomination à la direction générale de la Bourse.

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI & Adam BERRADA
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